Il semble que payer pour injecter de l'énergie solaire dans le réseau électrique soit devenu inévitable. Cette prédiction avait été faite il y a plus d'un an par Joannes Laveyne, expert en énergie à l'Université de Gand. Le dernier rapport tarifaire de l'Autorité flamande de régulation de l'énergie (VNR) indique qu'environ 29 000 Flamands ont payé l'an dernier pour injecter leur surplus d'énergie solaire dans le réseau.
Lors des journées ensoleillées, le nombre croissant de panneaux solaires entraîne d'importants excédents d'électricité, l'offre dépassant alors la demande. Si un ménage n'utilise pas ou ne stocke pas immédiatement l'énergie produite par ses panneaux solaires, le surplus est injecté dans le réseau. Bien que les consommateurs soient généralement rémunérés pour cette injection, ils sont de plus en plus souvent tenus de payer pour y injecter leur surplus d'électricité.
Cette situation est due à la forte augmentation du nombre de panneaux solaires. La surproduction se produit surtout l'après-midi et le week-end, lorsque les entreprises et les ménages consomment généralement moins d'électricité. Il en résulte une dynamique de marché inversée avec des prix de l'électricité négatifs : fournir de l'électricité au réseau coûte de l'argent, tandis que les consommateurs sont rémunérés pour en consommer.
Ce phénomène existe depuis un certain temps sur le marché de gros, mais il touche de plus en plus les consommateurs disposant d'un contrat d'énergie à prix variable. Environ neuf Flamands sur dix possèdent un tel contrat, où le taux d'injection dépend de la formule tarifaire prévue au contrat.
L'an dernier, environ 29 000 clients de 84 contrats de rachat à tarif variable ont dû payer au moins un mois pour injecter leur surplus d'énergie solaire dans le réseau. Pour 15 de ces contrats, la formule tarifaire était si défavorable qu'une famille moyenne équipée de panneaux solaires devrait payer le coût de son électricité injectée pendant toute l'année 2025 au lieu d'en être rémunérée.
L'impact sur le marché de l'énergie s'est considérablement accru depuis 2024, année où seulement 500 Flamands devaient payer pour injecter de l'électricité. Cependant, la VNR souligne que cela ne concerne encore qu'une faible proportion des prosummateurs (familles équipées de panneaux solaires) disposant d'un compteur numérique.
Pour une famille flamande moyenne équipée de panneaux solaires, une installation solaire représente toujours des économies substantielles. En moyenne, l'installation a permis d'économiser 469 euros l'an dernier grâce à l'autoconsommation de l'électricité produite. De plus, une famille moyenne a perçu une rémunération pour l'injection de son surplus d'électricité dans le réseau, soit 107 euros en 2025.
